samedi 29 mai 2010

Fiche de lecture sur Laclos, «Les liaisons dangereuses» (1782) Lettre 4

Fiche de lecture : Laclos, «Les liaisons dangereuses» (1782) Lettre 48

Plan :

  1. En apparence, une déclaration d’amour passionné et persuasive :
  1. L’exaltation de la passion
  2. Une volonté de persuader Mme de T
  3. Une réflexion sur le bonheur


  1. Cette lettre est en fait une démonstration de l’ironie libertine
  1. Une énonciation complexe
  2. Un jeu sur le double sens des mots
  3. Un libertin maître du jeu ou bien pris à son propre piège ?


Introduction :


==> chef d’oeuvre du roman par lettres (romans épistolaires) et du roman libertin

==> mouvement apparu sous le Régence (1715-1723), en réaction contre l'austérité de la fin du règne de Louis XIV

==> conquêtes sexuels = conquêtes guerrières

==> Ce mode à donné lieu aux romans et aux comtes libertins

==> Laclos n’a rien d’un libertin d’après ce qu’on sais de lui, il était militaire (école d’artillerie)

==> Il écrit son unique roman en garnison à Aix

==> Par la suite, il n’écrivait que des ébauches de textes dont un discours sur l’éducation des femmes

==> Bon époux et bon père de famille

==> C’est un long roman épistolaire entre plusieurs personnages

==> Les deux personnages principaux sont des libertins pervers (Vicomte de Valmont ; Marquise de Merteuil

==> Amant par le passé et complice de leurs exploits libertins qu’ils se racontent mutuellement

==> Mme de Merteuil demande à Valmont de la venger en séduisant une jeune fille (Cécile) destiné à épousé un certain Gercourt

==> Valmont refuse (occupé à séduire la présidente de Tourvel) ==> Jeune dévote vertueuse

==> Laclos connu pour ses models d’ironie libertines ainsi que pour un exemple de la complexité de l’énonciation de roman épistolaire

==> Déclaration d’amour très respectueuse à Mme de T dans le contexte d’un nuit d’amour avec une courtisane (sur le dos d’Emilie)

==> Lettre d’abord envoyé à Mme de Merteuil chargé par Valmont de la remettre à Mme de T.








Questions possibles :


Etudier l’ironie mise en oeuvre dans ce texte.

En quoi cette lettre illustre le jeu libertin ?

Etudier le «je» sur le double sens.


  1. En apparence, une déclaration d’amour passionné et persuasive :
  1. L’exaltation de la passion


==> Valmont exprime son amour de manière stylisé (vocabulaire romanesque et théâtral)

==> Idée dur trouble et du transport (27 - 34)

==> Métaphore de la nuit orageuse ; expression sur l’air (28)

==> Sacralisation de l’amour (7)

==> Abondance d’hyperbole (2-3)

==> Idée que l’amour déclenche des états extrêmes (antithèse)

==> Anaphores (25-48-50)

==> Evocation de l’amour comme une passion irrésistible dont on ne serais pas le maître.


  1. Une volonté de persuader Mme de T :


==> Valmont multiplie les adresses et apostrophe à la destinataire

==> Utilisation du «vous» et «madame»

==> S’adresse à elle par le biais de verbes à l’impératifs (15-33)

==> Emploi de verbes forts : «supplie» (33)

==> Phrases interrogatives et exclamatives (11)

==> Il cherche à éveiller ses sentiments


  1. Une réflexion sur le bonheur :


==> Cherche à la persuader d’adopter sa conception du bonheur faisant échos aux Lumières (15=>30)

==> Valmont associe le bonheur aux passions actives et oppose ce model de vie au sommeil de l’âme (image de la mort)

==> Cette conception fait écho à ce que développe Mme de Châtelet dans son discours sur le bonheur

==> Il s’agit de réhabilité les passions qui étaient condamné au siècle précédent par Pascal, Racine et La Rochefoucauld.

==> Laclos fait tenir à Valmont des discours contemporains

==> Echo lointain avec le stoïcisme antique et l’épicurisme

==> Eloge du désordre des sens (troubles engendrés par l’amour)

==> Douleur : Valmont évoque la souffrance car son amour n’est pas partager avec Mme de T

==> Cette lettre est une déclaration d’amour sincère car la lettre s’achève sur une promesse de vérité

==> Le lecteur sais dans quelles situation ces lettres ont été rédigées

==> Capacité du lecteur à comprendre l’ironie dans le texte



  1. Cette lettre est en fait une démonstration de l’ironie libertine
  1. Une énonciation complexe


==> Lettre d’amour => acte intime s’adressant à une personne sous le signe du secret

==> Or cette lettre n’est pas secrète car lue par plusieurs destinataires (Emilie) (47)

==> Lettre envoyer décachetée => lecteur informé de la supercherie

==> Perversion du pacte épistolaire

==>Trucage des lieux soulignés par une manipulation des lieux d’écritures => plus de sacré

==> Détournement de lettres fréquents chez Laclos

==> Mme de T est le «dindon» de la farce car moquerie d’Emilie


  1. Un jeu sur le double sens des mots :


==> Cette lettre est un exercice de style : toutes les phrases ont plusieurs sens selon notre connaissance de l’écriture


  1. Un libertin maître du jeu ou bien pris à son propre piège ?


==> Maîtrise de la situation par Valmont

==> Satisfaction de Valmont

==> Manipulation de Mme de T

==> Complicité


Fiche de lecture sur l’ronie, une arme des Lumières Diderot «Entretien d’un philosophe avec la maréchale de ***»

Séquence 3 : l’ronie, une arme des Lumières

Diderot «Entretien d’un philosophe avec la maréchale de ***»


Plan :


  1. Une mise en abîme ironique du dialogue
  1. Une stratègie ironique
  2. Un dialogue dans le dialogue à valeur d’exemple


  1. Une critique de la religion chrétienne :
  1. Diderot, moraliste ironique
  2. Critique de la mauvaise foi des croyants et des impasses de la religion


Introduction :


Au 18ème siècle ==> Diderot connu comme le maître d’oeuvre de «L’encyclopédie» dirigé en collaboration avec D’Alembert (20 ans de sa vie 1761==>1772.

==> Publie des ouvrages diversifiés (roman, théâtre, dialogues philosophique)

==> Plupart de ses ouvrages publiés illégalement (idées fortes)

==> Il est matérialiste athée (Doctrine : «Tout est matière» ; refus de l’existence de Dieu)

==> Le dialogue philosophique est son genre favoris

Parution de «Entretien d’un philosophe avec la maréchale de ***» en 1776

==> Diderot à sans doute réécrit cet conversation

==> Dialogue portant sur les rapports entre la religion et la morale

==> Il tente de prouver à la jeune femme que la religion conduit à l’immoralité.

==> Il démontre ce paradoxe à l’aide de l’ironie (avec comme inspiration le «dialogue socratique»)

==> Il a recourt à une anecdote exemplaire pour démontrer que la religion n’a aucune influence réelle sur les murces c’est à dire que les croyants ne peuvent respecter tout les préceptes trop rigides du 18ème siècle.


Questions possibles :


Etudier l’ironie présente dans ce texte.

Quel stratégie d’argumentation emplois ici Diderot ?

Quel thèse Diderot cherche t-il à démontrer et par quels moyens ?

Quel rôle joue cet extrait par rapport à l'ensemble du dialogue ?





Pour étudier l’ironie dans cet extrait on montrera d’abord qu’il s’agit d’une mise en abîme du dialogue destiné à critiquer la religion comme une anti-nature :



  1. Une mise en abîme ironique du dialogue
  1. Une stratègie ironique


==> Questions provocatrices de Diderot (1-2)

==> Forte exclamation de la maréchale alors que Diderot parle de son expérience

==> Recours à un subterfuge pour engagé la susceptibilité de la maréchale (raconte une anecdote)

==> Anecdote sans doute fictive (recours à l’exemple fictif)

==> Souligne l’effet grâce à la comparaison entre la maréchale et sa voisine

==> Diderot mine la maréchale (côté théâtrale prononcé)


  1. Un dialogue dans le dialogue à valeur d’exemple


==> Style direct/indirect rapportant les arguments de Diderot

==> Maréchale entre dans le jeu et s’identifie à la voisine

==> Critique du Christianisme


  1. Une critique de la religion chrétienne :
  1. Diderot, moraliste ironique


==> Diderot joue le rôle d’un prédicateur en se montrant faussement sévère

==> Exemple du péché d’adultère


  1. Critique de la mauvaise foi des croyants et des impasses de la religion


==> Mode à l’hypocrisie

==> La maréchale ne veux pas risquer le ridicule cependant il vaut mieux risquer le ridicule que la damnation éternelle

==> La maréchale rejette la faute sur sa couturière (mauvaise foi) et sur son mari

==> Dérision par l’absurde

==> La maréchale ne s’assume pas et n’a pas d’arguments valables

==> Elle n’ose pas remettre en cause la religion

==> Diderot rejette les dimension anti-naturelle de la religion

==> Il clou son anecdote en racontant que sa voisine n’a rien changé à ses vêtements

==> Il montre que la religion ne détermine pas le comportement des hommes (il s’en réjouit)

==> Religion = folie ==> Blasphème



Conclusion :


==> Cet extrait exploite les ressources théâtrales du dialogue philosophique grâce au procédé de mise en abîme (dialogue dans le dialogue)

==> Cet extrait montre que Diderot argumente sur des exemples concrets (dévote à valeur d’apologue)

==> Diderot exprime sa conception de la morale naturelle (ou épicurisme) et son rejet d’une morale chrétienne qu’il juge trop stricte et inhumaine.

Fiche de lecture sur Voltaire : «De l’horrible danger de la lecture» (1765)

Voltaire : «De l’horrible danger de la lecture» (1765)



Introduction :


==> Voltaire : Figure par excellence des Lumières, précurseur de l’intellectuel moderne

==> Etait un grand contestataire ; combattant du fanatisme, obscurantisme, injustices avec des moyens satyriques et ironiques

==> En butte à la censure politique («Dictionnaire philosophique» 1764) ; condamné par l’église

==> Ce texte est un pamphlet ironique parodiant le décret d’un mouphti musulman qui interdisait la diffusion des livres et du savoir

==> Art de l’antiphrase et autres dérisions par l’absurde renforcent la puissance polémique de ce plaidoyer pour la liberté d’expression et pour les Lumières


Problématique :


Montrer que ce texte est à la fois un réquisitoire et un plaidoyer.

Analyser la stratégie argumentative et les effets ironiques .

En quoi ce texte illustre-t-il l’esprit et les valeurs des Lumières ?


Plan :


  1. La parodie burlesque d’un édit religieux
  1. La fiction orientale
  2. Une parodie qui tourne en dérision les institutions religieuses, juridiques et politiques de l’Orient comme de l’Occident


  1. Du pamphlet contre l’obscurantisme au plaidoyer pour les Lumières :
  1. Les cibles de Voltaire
  2. Les idéaux des Lumières


Conclusion....







  1. La parodie burlesque d’un édit religieux
  1. La fiction orientale

==> Edit contre l’imprimerie promulgué en Turquie en 1757

==> Voltaire suit la mode de l’orientalisme

==> Terme évoquant l’Orient : «couleur locale» ; noms propres ; référence au calendrier

==> Mais il s’agit d’un Orient de pacotille, qui rend évidente l’intention parodique

==> Forme en texte de loi

==> Contenu tourné en dérision car le mouphti accumule incohérences et absurdités

Ref «Sottise et bénédiction» l.3 ; «Palais de la stupidité» l.59 ; «La peste» l.37

==> Les hyperboles font ressortir les procédés de l’antiphrase et de la parodie

==> Le titre est à valeur d’avertissement ironique

==> Gradations présentes ; oxymores et paradoxes



  1. Une parodie qui tourne en dérision les institutions religieuses, juridiques et politiques de l’Orient comme de l’Occident


==> La forme et l’énonciation du texte parodie les mandements épiscopaux et les actes de justices

==> Voltaire dénonce la censure exercés en France par l’Eglise et l’Etat à travers ce texte

==> Lecture à double sens (Joussouf-Chéribi = Jésus Christ) ; Frankrom (France+Rome)

==> Il ne faut donc pas croire que l’Islam et le Despotisme soit les cibles principale de Voltaire

==> Il critique par le dérision ironique, toute forme de censure politique et religieuse, manifestant à ses yeux l'obscurantisme

==> La parodie recourt à la démonstration par l’absurde (discours fou ; insensé)

==> Absurde à son comble à la fin du texte suivit par une chute extravagante (interdiction de penser ; de prononcer des phrases

==>Texte drôle au premier abord mais par la suite il dénonce la logique de l'oppression et fait l’éloge des Lumières



  1. Du pamphlet contre l’obscurantisme au plaidoyer pour les Lumières :
  1. Les cibles de Voltaire

==> Ce discours montre que la tyrannie cherche à maintenir les peuples dans l’ignorance, afin de prévenir toutes rebellions

==> La tyrannie est l’ennemie de la vertu et de l’harmonie

==> Dénonce le fanatisme religieux responsable des croyances irrationnelles et des pratiques de l'obscurantisme

==> Voltaire souligne le pouvoir exorbitant des instances religieuse



  1. Les idéaux des Lumières :


==> L’antiphrase fait entendre l’éloge des philosophes des Lumières

==> Eloge des livres et de l’imprimeries (pour l’intelligence)

==> Eloge de la vulgarisation des connaissances et de l’éducation des enfants (facteur de progrès)

==> Allusion au déisme

==> Revendication de l’usage de la raison, de la liberté et de l’expression (principes des Lumières)


Conclusion :

==> Récapituler l’analyse (effets comiques soutenant la visée polémique)

==> Ce réquisitoire ironique contre la censure et l’obscurantisme est un plaidoyer pour la liberté, la raison et le progrès

==> Ironie similaire à celle de Montesquieu

==> Echos de ce texte à notre époque (Caricature de l’islam dans un journal Danois en 2005)

Fiche de lecture sur L’ironie, une arme du combat des Lumières : Montesquieu : «De l’esclavage des nègres» In «De l’esprit des Lois»

Séquence 3 : L’ironie, une arme du combat des Lumières :

Montesquieu : «De l’esclavage des nègres»

In «De l’esprit des Lois»



Introduction :


==> Origine Bordelaise ; études de droit ; populaire grâce à un roman épistolaire

«Les lettres persanes» afin de critiquer la société française .

==> Son oeuvre principale : «De l’esprit des lois» (1748) ou il analyse les différents mouvement politiques de la République, jusqu’au Despotisme

==> Prône la séparation des pouvoirs (pour la liberté)

==> Critique la monarchie absolue

==> Il défend tout d’abord les arguments des esclavagistes pour mieux les réfutés

==> 18ème : commerce triangulaire

==> Ce texte est un exemple célèbre d’ironie argumentative


Problématique :


Analyser la stratégie argumentative de Montesquieu.

Etudier les procédés et effets de l’ironie.

Ce texte est-il un plaidoyer ou un réquisitoire contre l’esclavage ?


==> On montrera donc comment ce texte se présente en apparence comme un plaidoyer pro-esclavagiste alors qu’il s’agit en réalité d’un réquisitoire qui démontre les arguments des esclavagistes


Plan :


  1. Un apparent plaidoyer pro-esclavagiste
  1. L’énonciation à la première personne
  2. Une succession d’arguments esclavagistes


  1. Un réquisitoire contre l’esclavage
  1. Les ambiguïtés de l’énonciation
  2. Des arguments insoutenables


Conclusion...


  1. Un apparent plaidoyer pro-esclavagiste
  1. L’énonciation à la première personne


==> Montesquieu va tout d’abord défendre la thèse qu’il énonce dans la première phrase (Présent l’esclavage comme un droit des européens)

==> Il s’implique en employant le «je» altérant avec le «nous» (sensation de prise à partie)

==> Pronom «on» utilisé l.6 renvoyant à la conscience collective

==> Tendance à la généralisation : présent de vérité général l.14 (Maxime)

==> Affirmation catégoriques sous forme de maxime

==> Vérités générales ; préjugés racistes


2) Une succession d’arguments esclavagistes :


==> Présentation formelle du texte joue un rôle (texte de lois)

==> Enonciation d’un collections d’arguments sans lien logiques

entre eux (asyndètes)

==> Arguments classés selon les domaines d’idées afin de justifier l’esclavage

  • L3==>7 : historique et économique
  • L8==>22 : raciales et idéologique
  • L23==> 26 : socio-ethnologique

==> Arguments provenant des potins des rues de Bordeaux (négociants nombreux)

==> Fait échos aux préjugés de son temps

==> Apparente légitimation de l'esclavage mais n’échappant pas à un examen critique

==> Constante utilisation de l’antiphrase ironique et au raisonnement par l’absurde pour dénoncer l'illogisme de ses arguments


  1. Un réquisitoire contre l’esclavage
  1. Les ambiguïtés de l’énonciation


==> Emploi de la synthèse hypothétique (Si j’avais à...) et du conditionnel renvoyant à un irréel du présent

==> Il annonce le plan de son texte

==> Il signal qu’il va y avoir un écart entre ce qu’il va dire et ce qu’il pense réellement

==> Dans les 2 premiers paragraphes, il révèle sa stratégie ironique

==> Dans les lignes 22 à 23, il montre que l’esclavages est en total contradictions avec les valeurs chrétiennes

==> Dans le dernière phrase, il exprime son véritable sentiment de l’esclavage (injustice, miséricorde, pitié)

==> L’emploi du «on» et du «nous» l’exclue des idées reçues


  1. Des arguments insoutenables


==> Son art consiste à invalidé chaque arguments d’un point de vue morale ou logique

==> Première argument, invite à justifier le génocide d’un peuple

==> Deuxième argument, vrai d’un point de vue économique mais innaceptable d’un point de vue moral

==> Idée de faire passer le profit avant la raison (sujet d’actualité)

==> L8 : fantasme autour de la peau noir ; L9 : absurdité du lien de cause à effet

L17 : argument d’autorité, ethnologique ; Dieu n’a pas de couleur : préjugés absurdes


Conclusion :


==> On retrouve le sens originel de l’ironie (ref à Socrate et à la Maïeutique : l’art d’accoucher les esprits de leurs pensées véritables)

==> Texte célèbre grâce à sa forme et son contenu (exemplaire de l’ironie argumentative)

==> Montesquieu s’adresse à l’intelligence de ses lecteurs et les invites à se défaire de l’absurdité et de la cruauté des arguments sur l’esclavage

==>Travail d’interprétation : lecture à double-sens

==> Ironie : arme efficace de persuasion

==> Mais ce texte n’est qu’une étape pour la lutte contre l’esclavage car il fut abolit 100 ans plus tard par Victor Schoelcher

==> Emblème des idées des Lumières au nom des droits de l’Homme

Fiche de lecture : «Zazie dans le métro» R.Queneau :

Fiche de lecture : «Zazie dans le métro» R.Queneau :


Problématique :


« N’oubliez pas l’art tout de même. Y a pas que la rigolade, y a aussi l’art»

Dans quelle mesure cette observation pourrait-elle aussi s’appliquer à l’ensemble du roman de Queneau ?


Introduction :


==> Raymond Queneau (1903-1976) ; poète, romancier et mathématicien

==> Membre de l’Oulipo (Ouvroire de littérature potentielle) créé par François Le Lionnais

==> Texte en vers et en prose (ex : lipogramme)

==> «Zazie dans le métro» (1959), premier succès populaire de Queneau, film adapté par Louis Malle (1960)

==> Présenter Zazie

==> Parodie de multiples formes romanesque (Schéma du récit initiatique)

==> Permet à Queneau d’expérimenter sa théorie du «néo-français» (Son)

==> Citer la phrase de Gabriel et annoncer la problématique


Tronc : Montrer que la rigolade due aux multiples ressorts comiques du roman, ne doit pas faire oublier son art, c’est à dire sa dimension esthétique et philosophique ;


Plan :


  1. Un roman comique et fantaisiste
  1. Le comique verbal
  2. Le comique de caractère
  3. Le comique de situation


  1. La portées esthétique et philosophique
  1. Un exercice de style qui interroge le rapport entre langage oral

et langage écrit

  1. Un roman parodique
  2. Une réflexion philosophique


I) Un roman comique et fantaisiste :

  1. Le comique verbal :


==> Transcription phonétique du français parlé selon le procédé de l’agglutination

==> Langage familier ou argotique ; style burlesque ; jeux de mots


  1. Le comique de caractère :


==> Affirmations paradoxales pour une petite fille (institutrice pour faire chier)

==> Mère non traumatisée par la mort de son marie

==> Gabriel présenté comme «une armoire à glace»

==> Homosexualité, rouge à lèvre ect...

==> Métamorphoses de Pédro-Surplus

==> Hystérie de Mme Mouaque

  1. Le comique de situation :


==> Titre du roman à entendre comme une antiphrase, puisque Zazie finira par prendre le métro sans rien en voir (endormie)

==> Ironie tragique du destin de Mme Mouaque tuée pour celui qu’elle avait éposée

==> Amnésie de Pédro-Surplus que se perd lui-même

==> ZZDLM est un roman qui prête à rire ou sourire à chaque page

==> Mais cette rigolade n’empêche pas à l’auteur de faire de l’art, c’est à dire de poursuivre sa réflexion sur la langage, la littérature et le sens ou le non-sens de la vie.


  1. La portées esthétique et philosophique
  1. Un exercice de style qui interroge le rapport entre langage oral

et langage écrit


==> Ce roman exploite de nombreux procédés rhétoriques

==> Le procédé de transcription phonétique invite à un exercice de déchiffrement (lecture à voix haute)

==> Il s’agit d’une stylisation

==> Queneau remet en cause les conventions orthographiques, règles syntaxiques et manières polémique


  1. Un roman parodique :


==> Multiple référence parodique et burlesque à de nombreux genres, formes latérales ou mythes

==> Parodie d’un roman d’apprentissage ou d’une quête initiatique

==> Parodie burlesque de l’Odyssée

==> Réécriture burlesque

==> Parodie de fait divers


  1. Une réflexion philosophique


==> Une phrase de Gabriel pourrait s’appliquer à l’ensemble du roman : «La vérité ! comme si tu savais cexé. Comme si quelqu’un au monde savait cexé.» ; Sous couvert de fantaisie et de rigolade, Queneau interroge constamment les notions philosophiques d’identité et de vérité à traver :

  • Le principes d’incertitude concernant les lieux parisiens
  • La sex de Gabriel et de Marceline
  • L’interchangeabilité entre Turandot et son perroquet (Laverdure)
  • La métamorphose de Trouscaillon
  • L’inversion des rapport enfant/adulte





Fiche de lecture sur Jacques Réda, "Petit poème en prose", extraits des «Ruines de Paris» : (1977)

Jacques Réda, poème en prose, extraits des «Ruines de Paris» : (1977)




Introduction :


==> Né en 1929 ; poète et auteur de recueils vers/prose ; éditeur de la «Nouvelle Revue Française» et directeur dans les années 80 ; Chroniqueur de «Jazz Magazine»

==> Contemporain ; se présente comme un marcheur infatigable ; la plupart de ses poèmes son des descriptions de paysages urbains/ruraux

==> Sujet de prédilection : Paris ; «Les ruines de Paris» son premier recueil en prose

==> Ruines : scènes insignifiantes mais ayant de l’importance au yeux de Réda

==> Compare son travail poétique à celui d’un éboueur

==> Evoque l’émotion qu’il éprouve face à un couché de soleil


Problématique :


On se demandera donc quel expérience poétique exprime ici Réda ?

Il s’agit d’abord de nommer une émotion esthétique et spirituelle mais aussi une expérience du sacré.


Plan :


  1. Une émotion esthétique et spirituelle :
  1. Le merveilleux au coin de la rue :
  2. Un tentative d’expression de l’indicible :


  1. Une expérience du sacré dans la vie quotidienne :
  1. Le sens du sacré :
  2. Présence au monde et dépossession de soi :



Conclusion...






I) Une émotion esthétique et spirituelle :

  1. Le merveilleux au coin de la rue :


==> Il décrit une scène quotidienne (couché du soleil), lieu commun, cliché

==> Il se donne un pari, manque d’originalité, autre description, sujet stéréotypé

==> Brève émotion, mais régulière, il se met par rapport au autres

==> Il se situe dans la lignée de Baudelaire (Poésie est un art de vivre, de sentir)








2) Un tentative d’expression de l’indicible :


==> Alternance entre le soleil couchant et les sentiments de Réda

==> Changement de sujet : goût à la discrétion ; ouverture d’une parenthèse

==> La description l’emmène à envisager une réaction possible

==> Cette hypothèse fait naître en lui un souvenir passé

==> Va et viens entre le présent et le passé

==> Ecriture poche de l’improvisation

==> Le soleil est décrit en premier par une couleur, par laquelle réda essaye d’en déterminer toutes ses nuances comme un peintre grâce à des méthaphores.

==> Effet de suspense, les comparaisons introduisant le registre des sensations (odeur goût touché)

==> Il décrit une chose par la négative ou la description (pour ce qu’elle n’est pas)

==> Accumulation de phrases négatives, comme si il n’arrivait pas à nommer quelque chose.

==> Certaines émotions dépassent le langage et se réfère au corps ou a l’affection

==> Il éprouve à la fois de l’extase et de la terreur.

==> Si ce couché de soleil provoque autant d’émotions, c’est qui se réfère au sacré



  1. Une expérience du sacré dans la vie quotidienne :
  1. Le sens du sacré :


==> Plusieurs mot ayant rapport au domaine de la religion ou de la cérémonie

==> Comparaison Aztèques et Soleil ; culte du soleil

==> Expression profane


  1. Présence au monde et dépossession de soi :


==> Pour Réda, être poète exige une sensibilité aigu,une présence au monde, au manifestation de la beauté.

==> Perte de repère habituels, de moyens

==> Vertiges

==> Réda cherche la justesse, l’habitude

==> Distance ironique par rapport à lui-même


Conclusion :


==> Ce poème illustre le poète dans la ville

==> Arpenteur doté d’une sensibilité qui la démarque de tout les autres passant, mais lui permet de saisir les scènes insolites

==> Ce poème est donc lyrique, il ne consiste pas a parlé de la vie privée de Réda, mais à s'émerveiller dans le quotidien avec une touche d’humour.


Fiche de lecture sur « Zone » d’Apollinaire

Fiche de lecture sur « Zone » d’Apollinaire :



Introduction :


Guillaume Apollinaire (1880-1918), figure de l’avant garde et poète de la modernité de la « Belle Epoque », lié d’amitié avec « Braque » ou encore « Picasso », figure incarnant le cosmopolitisme (fils d’une mère polonaise et d’un père Italien), commence par « Zone », poème d'ouverture de son recueil Alcools (1913).

En changeant le titre du recueil « Eau de vie » par « Alcools » et en décidant de supprimer toute ponctuation, l’auteur rajoute en tête d’ouvrage le poème « Zone »

(Dernier écrit de l’ensemble), qui lui donne ainsi une orientation philosophique. Certains vers sont détachés, d'autres regroupés en strophes, il n'y a pas de régularité. Ce sont des vers libres c’est à dire que les règles de versification ne sont pas respectées. Ces vers riment à peine : ils sont assonancés. Le poème n'est pas complètement déroutant, mais apparaît quelquefois bizarre.

Dans un premier temps, nous verrons en quoi cet extrait du poème Zone est innovant pour 1913, puis nous analyserons comment Apollinaire fait l'éloge du monde moderne.


I) L'innovation poétique :

1.1) Une énonciation originale

1.2) L'écriture


II) L'éloge du quotidien, de la modernité

2.1) Le monde nouveau, opposé au "monde ancien" et à "l'antiquité"

2.2) Le monde ancien et éternel

2.3) Une esthétique nouvelle





1.1) Une énonciation originale

Il n’apparaît pas d’ordre logique dans le déroulement du poème.

Indice personnel : Utilisation du « Je », c’est à dire le poète (v.15 → 23)

Indice personnel : Utilisation du « Tu », christianisme personnifié, Apollinaire s’adressant à lui-même à la 2ème pers du singulier (v.7)

Dialogue fictif entre le poète et le Christianisme (Pape Pie X).

Enonciation personnelle complexe et propice aux ambiguïtés.

Indices temporels : On peut donc se demander où sont situées les paroles du poète. Repères brouillés, ponctuation inexistante, décalage constant, effort de représentation de la part du lecteur, réalité fragmentaire.

A partir du vers 16, évocation du rythme hebdomadaire et quotidien de la rue industrielle.

L’innovation du poème se trouve aussi dans l'écriture.



1.2) L'écriture


Absence de rimes : au début, assonances et rimes pauvres.

Rythmes non classique : vers libres, pas de mètres particuliers, vers plus longs. Rupture des habitudes des poètes de l'époque. Pourtant, poème car vocabulaire poétique.

Premier à supprimer la ponctuation.


Nombreuses expressions familières, banales : "il y a", "prospectus"

Risque pour la qualité poétique du texte.

Familiarité afin de faire l'éloge du quotidien, de la vie moderne.


2.1) Le monde nouveau, opposé au "monde ancien", à "l'antiquité" :

Dés le début : éloge du changement, de la modernité.

Strophe 4 : interpénétration de deux monde qui s’opposent : la simple religion ancienne et le monde moderne des automobiles et des avions. (V.4 à 6)

Strophe 5 : choque entre les deux monde, source de conflits, comparaison entre la poésie du monde moderne (affiches, prospectus, journaux, police) et la religion. (V.7 à 14)

Lancement de l’ Art Nouveau, incitation envers les écrivains de changement (nouveautés), innovation récentes, désintérêt (Antiquité grecque et latine)

Apollinaire fait l’éloge de la vie quotidienne « Rue industrielle ».

A partir du V.11, évocation de la rue, description, énumération (affiches etc…), prose populaire (journaux, romans policiers)→ littérature moderne.

Idée de la rue (Une, gros titre, photo) V.21 : « les inscriptions des enseignes et des murailles ».

Evocation plus banale des bruits, mouvements, fréquence de passage des employés (V.18) → idée de modernité lié à l’idée de quotidienneté.

Capacité à déchiffrer la ville à travers les mots (publicités etc…) : La publicité représente la poésie

Décalage notable entre commerce et poésie. Volonté de dire le contraire de ce qui est convenu. Poésie liée à la démocratisation.

Prose revient à la presse (livres considérés comme des produits de consommation)

Ville où hommes et femmes travaillent, et qui est encore rythmée par la cloche, mais aussi par les horaires des travailleurs → réseaux lexical du bruit

Métaphores visuelles v.15-16 → vision naïve et amusante de la ville.

2.2) Le monde ancien et éternel

Ville étant sujet de poésie est associé au monde ancien (V.1) et à l’antiquité grecque et romaine.

Apollinaire se détourne de l’inspiration classique et traditionnelle pour le modernisme.

La religion est pour lui éternelle (au dessus des valeurs V.7) ; Il l’associe à la modernité dans un monde matérialiste (pourtant pas de manifestation de foi)

Il met en œuvre une réflexion sur lui-même ; association de la religion à son enfance (honte d’entrer dans l’église car pas réellement croyant)

2.3) Une esthétique nouvelle

V.2 à la gloire de la Tout Eiffel qui apparaît comme un symbole de modernité.

Référence au cubisme caractérisé par une déconstruction de l’objet représenté, fragmentation, collage, métaphore et analogie explicite « Bergère ô Tour Eiffel / le troupeau des ponts / bêle ce matin »

Reprise de sonorité métonymie de lieu. ; Coïncidence métaphorique et métonymie (sonorité)


Conclusion :

Zone est catégorisé dans les " Arts poétiques " de l’œuvre d’Apollinaire en raison des innovations majeures qu’il apporte à la poésie. Il est l’exemple littéraire de la recherche de formes discontinues et juxtaposées qui soient porteuses de sens.

On retrouve dans Zone toute l'originalité de Guillaume Apollinaire. C'est un poème révèle l’originalité profonde d'Apollinaire, aussi bien dans l'écriture que dans le choix des images. Le thème religieux n'est pas au centre du poème, c'est ici un thème intermittent, à l'image du sentiment religieux du poète.